Le 30 juillet est la Journée mondiale de lutte contre la traite des personnes.

Chères sœurs et Famille de l'Incarnation,
Le 30 juillet est la Journée mondiale de lutte contre la traite des personnes.
De manière générale, la traite des êtres humains consiste à soumettre des personnes à une situation d'exploitation afin d'en tirer des avantages économiques.
D’après les estimations mondiales de l’OIT (Organisation Internationale du Travail), plus de 25 millions de personnes sont victimes de travail forcé et d’exploitation sexuelle. Sur dix personnes concernées, cinq sont des femmes et deux sont des filles {Rapport mondial de l’ONUDC (Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime) de 2020}.
Les inégalités sociales et la discrimination entraînent un nombre réduit d’options et une moins bonne qualité de choix de vie, amenant les individus à prendre des décisions qu'ils n'auraient jamais prises si leurs besoins fondamentaux avaient été satisfaits.

« Le pape Léon XIV a eu une rencontre émouvante avec des migrants et des organisations d'accueil le 11 juin 2026 au port d'Arguineguín. Le quai, tragiquement connu les années précédentes comme le "quai de la honte" en raison de l'entassement des personnes, a été symboliquement rebaptisé ce jour-là le "quai de l'espoir". »
Les personnes déplacées de force courent un risque élevé de devenir victimes de traite. Contraintes de quitter leur environnement familier, elles perdent le soutien de leurs réseaux communautaires et se retrouvent isolées socialement et culturellement. De plus, confrontées à la difficulté de migrer légalement, nombre d'entre elles n'ont d'autre choix que d'emprunter des voies irrégulières, où opèrent les trafiquants.
La pauvreté, le statut de migrant, l'insécurité et les inégalités entre les sexes sont des vulnérabilités que les trafiquants exploitent.
Le changement climatique exacerbe ces vulnérabilités, agissant comme une force déstabilisatrice qui intensifie les menaces à la sécurité humaine et provoque des déplacements de population. Parallèlement, il accroît la concurrence pour des ressources limitées telles que la terre et l'eau ou des métaux rares, alimentant ainsi les conflits.
Les catastrophes soudaines, telles que les inondations extrêmes ou les feux de forêt prolongés sont de plus en plus fréquents et provoquent des déplacements massifs de population au sein d'une même région. Le Programme des Nations Unies pour l'environnement a constaté que, lors de catastrophes environnementales, les cas de traite des êtres humains peuvent augmenter de 20 à 30 %.
Selon les mots du secrétaire général de l'ONU, Antonino Guterres, le changement climatique accroît le « désespoir qui permet au trafic d'êtres humains de prospérer ».
LS nº25: “L’augmentation du nombre de migrants fuyant la misère, accrue par la dégradation environnementale, est tragique ; ces migrants ne sont pas reconnus comme réfugiés par les conventions internationales et ils portent le poids de leurs vies à la dérive, sans aucune protection légale.”
Compte tenu de ces éléments, outre la fourniture de services aux personnes déplacées, des mesures spécifiques doivent être prises pour remédier aux vulnérabilités engendrées par les effets du changement climatique. Par exemple, les agriculteurs de la région du Sahel, en Afrique de l'Ouest, risquent de perdre tout ou partie de leurs revenus en raison de la désertification.
Afin de prévenir de nouveaux déplacements de population, des programmes de formation devraient être mis en place pour leur permettre d'accéder à des emplois dans des secteurs productifs et respectueux de l'environnement, avec des programmes promouvant des pratiques écoresponsables, telles que la plantation et l'entretien d'arbres indigènes dans des habitats spécifiques.
Ce n’est qu’en reconnaissant que la traite des êtres humains ne peut jamais être complètement éliminée par une approche fondée uniquement sur l’application de la loi, mais aussi par une approche fondée sur les droits humains, que des progrès pourront être réalisés sur cette question. Il faut également admettre que les politiques migratoires d’exclusion et d’interdiction exacerbent les vulnérabilités à la traite et conduisent les personnes entre les mains de ceux qui cherchent à les exploiter.
La récente visite du pape Léon XIV aux îles Canaries, en Espagne, a été un signe fort de solidarité avec les migrants qui risquent leur vie, ainsi qu'avec ceux qui leur offrent un abri.
Nous concluons avec les paroles de Léon XIV à Blessings, une migrante victime de trafic d'êtres humains et dont le témoignage a été lu au Pape par une autre femme le 11 juin au quai d'Arguineguín, à Gran Canaria.
“Chère Blessing, même si tu n'es pas là aujourd'hui, ta voix résonne encore. Merci de nous avoir fait part de ton histoire.
Ton nom signifie ‘bénédiction’, et il nous rappelle que chaque vie humaine est une grâce divine. Nul ne peut l'acheter, la vendre, l'utiliser ou la jeter, car en chaque personne rayonne l'image et la ressemblance du Créateur. Tu nous as dit avoir quitté ton pays non par choix, mais par nécessité. Dans tes paroles, nous percevons la tragédie de tant de personnes contraintes à l'exil, car la pauvreté, la guerre, les menaces ou l'exploitation leur ont barré tous les chemins.
Je souhaite que ce message te parvienne, ainsi qu'à tant d'autres femmes victimes de traite et d'exploitation : si d'autres ont réduit ton corps à un objet, Dieu n'a jamais cessé de te considérer comme inestimable. S'ils ont tenté de t’enfermer dans un passé douloureux, Dieu continue de te promettre un avenir. Si tu as été traitée comme un objet, l'Église veut te dire aujourd'hui : tu es une fille et une sœur, tu es une bénédiction.”
Puissions-nous aussi être une source de bénédiction dans l’accueil de toute personne.
Commission internationale sur l'écologie intégrale
1er juillet 2026